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28/02/2011 Quick : «On va mettre plusieurs mois à s’en remettre»

28/02/2011 Quick : «On va mettre plusieurs mois à s’en remettre»

(Le Parisien) Jacques-Edouard Charret, le patron de Quick, évoque les conséquences pour son enseigne du décès de Benjamin. Le 22 janvier, cet adolescent était mort après avoir pris un repas dans un des fast-foods, à Avignon. Depuis, les clients se font plus rares dans l’ensemble des restaurants.


Avez-vous des éléments nouveaux concernant la cause du décès de Benjamin?

Jacques-Édouard Charret. Nous attendons de pouvoir nous porter partie civile pour avoir accès au dossier, car aujourd’hui la cause de ce décès reste loin d’être expliquée.

On parle quand même de manquements liés à l’hygiène !
Si c’est un problème d’hygiène, comment expliquer que, sur des milliers de repas servis ce week-end-là, il n’y ait eu que deux cas d’infection alimentaire. Dans l’heure qui a précédé et suivi le repas servi à Benjamin et son père, une centaine de personnes ont mangé la même chose. Pour l’instant, nous n’avons aucune certitude sur le fait que notre responsabilité soit engagée. Si nos équipiers perdaient de vue qu’il faut se laver les mains toutes les quinze minutes, ça ne serait pas une bonne nouvelle. Cela dit, si notre faute était reconnue, je formulerais des excuses et assumerais pleinement mes responsabilités face à la famille.

Une semaine après la réouverture du Quick d’Avignon, qu’en est-il de la fréquentation sur le restaurant et sur l’ensemble de vos 362 fast-foods de France ?
La baisse de fréquentation de l’ordre de 30% de notre restaurant Cap Sud d’Avignon reste inchangée depuis le début de l’affaire. On a connu une légère amélioration avant que les premiers résultats de l’enquête soient connus, mais ça n’a pas duré. Sur l’ensemble de nos franchisés, on note aussi une désaffection, mais elle est plus faible. Plus on se rapproche d’Avignon, plus ce phénomène est sensible. Ça va nous demander beaucoup de temps et d’efforts avant de regagner la confiance. Comme pour toute crise alimentaire de ce genre, on va mettre plusieurs mois avant de s’en remettre.

Cette désaffection touche-t-elle aussi les autres fast-foods ?
Je ne sais pas si les clients que nous avons perdus sont allés chez McDonald’s mais, face à cette affaire, nos concurrents se montrent solidaires. Avec le PDG de McDo, on s’est parlé plusieurs fois, car tout le monde a à y gagner quand on aborde la sécurité alimentaire et la qualité des produits. Aujourd’hui, en termes de contrôles et d’analyses, je ne vois pas bien ce que je peux faire de plus. Cela dit, on ne va pas rester les bras croisés. Dans tous nos restaurants, la formation à l’hygiène sera renforcée dans les deux mois, et on va mettre en place des logos qualité, visibles des clients, sur ceux qui seront labellisés par l’organisme de certification que nous venons de recruter. En Belgique, cette reconnaissance, visible grâce à des smileys, est réalisée par les pouvoirs publics. Il serait judicieux qu’en France le même dispositif soit arrêté. Ça rassurerait tout le monde.