L'Observatoire du Halal

Les tribulations d’une carnivore curieuse 2!

A.B.    Bouches du Rhone

à Service clients des magasins U , Parc tertiaire SILIC,    72-92 av. R. Schumann,  94533 Rungis cedex

Objet : viande halal                                                                                                                                     vos références PD/FP/12BV136732

Madame,

Comme suite à ma demande téléphonique d’information sur l’étiquetage plus que succinct de la viande ovine dans votre magasin de Saint-Maximin (Var), vous m’avez adressé en date du 17 avril une réponse qui n’en est pas une.

Vous commencez par me donner  des détails sur l’étiquetage de la viande bovine. Eu égard à mon intérêt pour la question, je suis assez au fait pour avoir pu constater que toutes les barquettes du magasin cité plus haut proviennent d’abattoirs pratiquant l’égorgement musulman. A moins d’avoir comme moi sous la main, la liste des abattoirs non-halal publiée par le ministère de l’agriculture, l’acheteur naïf n’en est pas formellement averti et va donc acquitter à son insu une taxe pour les mosquées. Ce qui, en droit, est constitutif d’une vente liée.                        Vous m’énumérez ensuite les contrôles qui réglementairement assurent la sécurité de la viande bovine proposée à la consommation. Je les connais également et je veux bien ne pas douter que vous y soyez attentifs. Toutefois, il est révélateur que vous nommiez « polémique » le fait qu’un large courant d’opinion réclame désormais  « un étiquetage clair » pour ne plus être piégé. Vous attendez, dites-vous, que la réglementation évolue pour vous y conformer. Lors de mon appel téléphonique du 13 avril mon interlocutrice m’avait en effet opposé que rien dans les textes ne vous obligeait pour l’heure à donner à vos clients des précisions sur la viande ovine (car tel était bien le sujet n’est-ce pas ?). De fait, aux termes de  la Spécification technique B1-15-05 la traçabilité de cette viande peut « ne figurer que sur les fiches, bons de commande et documents commerciaux » quand « elle est commercialisée à un stade antérieur à la vente au consommateur ». Rien toutefois n’empêche le commerçant de vouloir partager ces renseignements avec le consommateur. Certains semblent même estimer que cela pourrait même s’avérer un bon argument de vente                                                                                                                                                                                                                            Je note tout de même que vous êtes au courant du risque sanitaire longtemps passé sous silence induit par l’abattage halal, puisque vous écrivez que vous avez obtenu de vos fournisseurs l’engagement « qu’il est entièrement maitrisé chez eux ». Vous me permettrez toutefois de rester là dessus quelque peu sceptique pour des raisons de simple bon sens. Au demeurant, cela ne règle pas la question de la vente liée.       Vous ne serez pas étonnée que cet échange me persuade de réserver désormais ma pratique aux professionnels qui affichent clairement des pratiques d’abattage traditionnel ce dont je ne manquerais pas de m’expliquer sur les sites web qui s’intéressent à ce qui arrive dans nos assiettes                                                                                                                                                                                                                                                                                  Je vous prie d’agréer madame, mes salutations distinguées.