L'Observatoire du Halal

21/05/2010 – Quick : nous, c’est le flouz(1) !

21/05/2010 – Quick : nous, c’est le flouz<sup>(1)</sup> !

L’Observatoire du Halal – Jacques-Edouard Charret, le patron de Quick France, vient d’annoncer son intention d’avancer à marche forcée vers la halalisation de ses restaurants. Pour lui, c’est clair, Quick a pris une longueur d’avance sur ses concurrents et pas question de ralentir le rythme.

Il ne s’agit évidemment pas pour Quick de faire plaisir à la communauté musulmane mais, tout simplement, de rendre rentable nombre de ses établissements qui sont en perte de vitesse.

En d’autres termes, la logique commerciale veut que l’offre suive la demande, colle au marché. Cela n’est ni bien ni mal, mais logique.

Ce qui pose problème, en revanche, c’est le rapport de Quick avec le halal. Soyons juste, celui-ci n’est pas propre à Quick. Que voulons-nous dire ? Tout simplement que pour les sociétés françaises dirigées par des non-musulmans « se mettre au halal » se traduit par l’achat d’un simple certificat. On se met au halal comme on se met au bio. On achète une garantie, une étiquette et on ne se pose pas plus de question. En d’autres termes, Quick a avec le halal un rapport marchand. Et c’est bien normal. Ce n’est pas à Quick de distinguer entre les certificateurs de ses fournisseurs de viande(2). On peut juste supposer que l’entreprise préfèrera… les moins chers, les plus compréhensifs, les plus réactifs !

Or, il existe une polémique sur le halal chez Quick. Les organismes qui certifient les fournisseurs en viande de Quick, à savoir les mosquées de Paris et d’Evry, ne disposent pas en permanence sur place de contrôleurs. Les fournisseurs de Quick disposeraient même d’avance d’un lot d’étiquettes halal prêtes à l’emploi(3)

Cette situation que l’on peut qualifier de très inquiétante pour un musulman qui souhaite manger halal chez Quick n’est, en définitive, pas de la responsabilité des commerçants mais de la communauté musulmane prise dans son ensemble.

Il y a fort à parier que des associations de consommateurs musulmans pourraient jouer et joueront en la matière dans l’avenir un rôle moteur. Il ne suffirait plus alors à une société comme Quick de se dire halal mais de savoir discerner entre les certificateurs sérieux, c’est-à-dire ceux mettant tout en œuvre pour que soient respectés les préceptes de l’islam, et… les autres.

(1) Argent en arabe.
(2) Question : existe-t-il en permanence dans chaque restaurant Quick un contrôleur halal ? Rien n’est moins sûr…
(3) Sans parler de l’électronarcose qui peut être acceptée par certains…