L'Observatoire du Halal

31/03/2011 Abattage rituel: Bruno Le Maire s’engage

(AFP – Le Figaro) Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire s’est dit favorable ce matin (Mercredi) à un “encadrement plus strict” de l’abattage rituel des animaux d’élevage, dont les méthodes sont dénoncées par la Fondation Brigitte Bardot. 

“Je souhaite qu’on ait un encadrement plus strict de cet abattage rituel, notamment avec un régime d’autorisation préalable et un contrôle plus strict sur les méthodes qui sont appliquées pour limiter la souffrance animale”, a dit M. Le Maire sur Canal+.

“On arrivera à ces solutions en dialoguant avec les communautés religieuses, avec les associations, de façon ouverte et constructive”, a-t-il ajouté, assurant qu’il n’était pas “question de remettre en cause l’abattage rituel, qui est autorisé par l’Union européenne”.

La Fondation Brigitte Bardot a organisé en janvier une campagne d’affichage dénonçant les conditions dans lesquelles les animaux étaient tués dans le cadre de l’abattage rituel, à savoir sans étourdissement préalable, selon elle.

 

30/03/2011 Lettre manuscrite de Brigitte Bardot dans Le Parisien contre l’abattage rituel

PARIS, 30 mars 2011 (AFP) - Brigitte Bardot s’est offert mercredi une pleine page dans le quotidien Le Parisien pour dénoncer, dans une lettre manuscrite, le “supplice” des animaux soumis à l’abattage rituel dans des “conditions de violence et d’inhumanité abjectes”.

“Aujourd’hui, nous constatons une effrayante régression et un +je m’en foutisme+ terrifiant et coupable des autorités face aux dérives observées dans ces lieux de mort” que sont les abattoirs, écrit l’ancienne actrice.

Dénonçant, sans jamais le désigner explicitement l’abattage rituel, BB s’indigne du fait que les animaux “soient égorgés à vif sans étourdissement préalable dans des conditions de violence et d’inhumanité abjectes”, assurant qu’il s’agit du cas de “100% des bêtes en Ile-de-France”.

Elle dénonce aussi “la volonté manifeste de cacher le scandale puisque aucun étiquetage ne précise le mode d’abattage”, et “exige” du gouvernement qu’il “fasse appliquer la loi française et européenne dans les abattoirs”.

La Fondation Brigitte Bardot et d’autres associations ont lancé début janvier une campagne d’affichage contre l’abattage rituel des animaux.

Mercredi, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire s’est dit favorable mercredi à un “encadrement plus strict” de l’abattage rituel des animaux d’élevage.

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Pour relire l’entretien que nous a consacré la Fondation Bardot, c’est ici.

21/02/2011 La fondation Brigitte Bardot porte plainte contre 2 ministres

Texte tiré du site de la Fondation:  http://www.fondationbrigittebardot.fr/site/actu.php?id=40306

11/02/2011 Entretien exclusif avec la Fondation Brigitte Bardot

Interview de Christophe Marie (à droite, sur la photo), porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

L’Observatoire du Halal: La Fondation Brigitte Bardot s’est lancée, depuis le début de l’année, dans une campagne contre les abattages rituels. Pourquoi ?

Christophe Marie: Ce n’est pas un nouveau combat car nous agissons, depuis des années, contre l’égorgement des bêtes sans étourdissement préalable. D’ailleurs, la toute première action de Brigitte Bardot en faveur des animaux portait, précisément, sur les conditions de mise à mort en abattoir. C’était en 1962 et il aura fallu attendre plus de dix ans avant d’obtenir l’insensibilisation des bêtes lors de leur saignée. Nous n’acceptons pas que les croyances personnelles, aussi respectables soient-elles, viennent balayer les dispositions réglementaires prises pour limiter la souffrance des animaux sacrifiés. Lorsqu’en 2004 nous avons été reçus avec Brigitte Bardot à la Mosquée de Paris, le Dr Dalil Boubakeur et son grand Mufti nous ont certifié que l’Islam n’était pas hostile à l’étourdissement dès lors que ce dernier n’était pas irréversible et n’entrainait donc pas la mort de l’animal. Ce point a été confirmé par l’Académie vétérinaire de France dans son rapport sur « le degré de réversibilité de l’étourdissement des animaux d’abattoir ». C’est un fait établi, les musulmans ne peuvent nullement prétendre que la barbarie de l’égorgement à vif est imposée par leur religion.

- Votre fondation est associée à 6 autres associations de défense des animaux, comment s’est passé ce grand rassemblement ?

Il était important de montrer que l’action menée ne vise pas une communauté mais une pratique cruelle, d’où la nécessité de réunir différentes associations de protection animale pour lever toute ambigüité. Il n’est jamais facile de rassembler, particulièrement sur un sujet aussi sensible, mais la généralisation de l’abattage rituel, sa distribution dans les circuits classiques sans information pour le consommateur, mais aussi la provocation de certaines marques s’affichant fièrement « halal » ont fini par convaincre les associations qu’elles devaient se joindre à nous pour lutter contre cette régression terrifiante.

- Brigitte Bardot, présidente de l’association, avait poussé une gueulante il y a quelques mois et alerté Nicolas Sarkozy. Elle réclamait plus de traçabilité et avait, une nouvelle fois, plaidé la cause des animaux. Des retours de l’Elysée ou des membres de la majorité présidentielle ? Des soutiens ?

Nous avons été reçus, à deux reprises, par Nicolas Sarkozy qui nous a fait de belles promesses qu’il n’a pas tenues. Il s’était même engagé par écrit, dans une lettre à Brigitte Bardot, à contraindre les abattoirs halals à généraliser l’étourdissement préalable… Michèle Alliot-Marie puis Brice Hortefeux ont pris des engagements inverses et ont torpillé les propositions européennes de ne plus autoriser d’exception à l’obligation d’étourdissement des animaux. Hortefeux manœuvre, aujourd’hui encore, à faire échouer la volonté du Parlement européen d’assurer une traçabilité des viandes via une information du consommateur sur les conditions d’abattage des animaux. Nous pouvons avoir honte de la politique défendue par l’actuel gouvernement qui fait preuve d’une lâcheté intolérable, les précédents n’étaient pas plus courageux cela-dit.

- Vous avez subis beaucoup de pression avant le lancement de votre campagne d’affichage. Comment réagit la population française sur le terrain ?

Je ne sais pas si « les Français sont des veaux » comme le disait de Gaulle, mais ils sont nombreux à avoir réagi à notre campagne d’affichage et nos appels dans les médias. Beaucoup nous remercient de ne pas baisser les bras face aux difficultés rencontrées. Nous sommes souvent confrontés à la censure et aux menaces, mais cela n’a aucune importance car nous savons toute la légitimité et la pertinence de notre action.

- Il y a quelques semaines, nous avions publié une interview de Nicolas DHUICQ, député UMP, qui  proposait une loi «visant à améliorer l’information du consommateur quant au mode d’abattage des animaux». Cela va dans votre sens ?

Oui, cela va dans notre sens mais cela ne va pas assez loin. Nous travaillons actuellement avec deux autres députés qui souhaitent nous accompagner dans une proposition de loi qui supprimerait l’exception prévue dans le cadre de l’abattage rituel. Ce texte imposerait l’étourdissement des animaux et répondrait ainsi à la Fédération vétérinaire d’Europe qui, dans un avis publié en 2006, stipule : « la pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable, quelles que soient les circonstances. »

- On le constate jour après jour, le Halal a le vent en poupe. La fondation Bardot fait-elle un lien entre ce développement et l’Islam en France ?

Non, il ne revient pas à la Fondation de faire ce genre de lien, l’Islam en France n’est pas notre préoccupation, notre seul objectif est de dénoncer la cruauté de l’abattage qui est rendu plus insupportable encore lorsqu’il est pratiqué sans étourdissement préalable. Avec l’Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs, nous avons pu dévoiler ce qu’est un égorgement dans ces conditions et la longue agonie qui suit, particulièrement pour les bovins qui peuvent rester conscients, sensibles à la douleur, jusqu’à 14 mn après avoir eu la gorge tranchée.

- A côté de cette campagne d’affichage, organisez vous des actions de sensibilisations dans les rues de France ?

Nous avons réalisé une carte-pétition pour permettre au public de soutenir notre action. Cette carte est disponible à notre Fondation et doit être directement adressée au Premier Ministre car il lui revient d’arbitrer et de définir la politique défendue par ses ministres de l’Agriculture et de l’Intérieur. Il faut continuer à informer car, qui sait que la majorité des viandes provenant de l’abattage rituel (60% pour le halal et 70% pour le casher) se retrouve dans le circuit classique sans aucune indication pour le consommateur ? Alors plutôt qu’organiser des actions dans la rue, et puisque les Français sont volontairement trompés et pris pour des consommateurs imbéciles, nous les invitons à réagir en cessant de consommer toute viande car, dans le doute, la meilleure chose est encore de s’abstenir.

- Certains de nos lecteurs aimeraient sans doute s’investir à vos côtés, comment peuvent-ils vous contacter ?

Ils peuvent venir s’informer sur le site de la Fondation Brigitte Bardot ou venir visiter notre site dédié à l’abattage rituel : http://www.abattagerituel.com/

- Connaissiez vous L’Observatoire du Halal ?

En toute honnêteté, non, mais toute démarche visant à informer le consommateur est bonne dès lors qu’elle permet à chacun d’agir en parfait connaissance de cause. Ce que nous souhaitons, véritablement, c’est de lever cette omerta qui empêche actuellement tout débat sur l’abattage rituel, toute remise en cause d’une pratique barbare qui n’a plus sa place au XXIème siècle, qui plus est dans un Etat laïque qui n’a pas à placer les croyances individuelles au-dessus des lois républicaines. Les animaux ne sont ni juifs, ni musulmans, ni catholiques et ils ne peuvent pas s’opposer aux tortures infligées par l’homme, il nous revient donc de les défendre et tout support nous aidant à faire passer le message est précieux.

Merci d’avoir répondu à nos questions.