L'Observatoire du Halal

Une application pour mobiles débusque la viande halal

Trois Français ont mis en ligne un logiciel permettant aux consommateurs de ne plus manger de la viande issue de l’abattage rituel sans le savoir. L’initiative ravit la droite identitaire.

Pour en savoir plus sur cette nouvelle application:

http://www.lematin.ch/monde/Une-application-pour-mobiles-debusque-la-viande-halal/story/18368781

19/04/2011 Le halal, “une philosophie de vie”

(LeVif.be) Le marché halal représente un véritable business pour les entreprises, qu’elles soient nationales ou internationales. Mais que représente-t-il exactement ?

Le terme halal ne s’applique pas qu’à la nourriture, comme pourraient encore le penser beaucoup de personnes. « Consommer halal est une philosophie de vie, comparable au bio » comme nous l’explique Bruno Bernard, consultant expert en commerce international pour la Brussel Entreprises Commerce and Industry (BECI) de Bruxelles, co-auteur de l’ouvrage « Comprendre le Halal » et créateur de la Certification Officielle Halal européenne.

Le boom du halal

Cette apparition soudaine sur le marché de produits halal pourrait être comparée au boom du bio dans les années nonante. Elle est notamment la conséquence d’un certain manque de confiance des consommateurs musulmans envers les produits. « Beaucoup de musulmans ne font plus confiance au marché », nous explique Bruno Bernard, créateur de la Certification Officielle Halal européenne. « Par exemple, on leur a vendu des yaourts, produits qu’ils n’avaient pas l’habitude de consommer. Or, il n’était pas précisé de façon claire que la plupart contiennent de la gélatine de porc. Lorsqu’ils s’en sont rendus compte, ils se sont sentis trompés ».

Quand à l’évolution future de ce marché en pleine expansion, Bruno Bernard pense que d’ici une trentaine d’années, celle-ci tendra à se calmer : « L’évolution de la société arabe rendra peut-être les jeunes moins religieux. Beaucoup d’entre eux seront plus intéressés par Facebook que par la nourriture halal ».

De plus, la globalisation de notre société ne limitera plus la nourriture halal aux musulmans. « Lorsque je mange une pizza, je ne deviens pas italien. De même que nos grands-parents ne mangeaient jamais de couscous, de hamburgers, notre société évoluera peut-être et tout le monde consommera alors du halal ».

Quelques précisions sur le halal

Sont considérés comme halal, ou licites, les produits ne contenant ni porc, ni alcool. Pour consommer de la viande l’animal doit avoir été abattu selon les règles sacrées du Coran, c’est-à dire égorgé sans étourdissement préalable. Et enfin, l’animal ne doit pas avoir été élevé au préalable de manière intensive.

De plus en plus de grandes marques proposent une version halal de leurs produits, comme les bonbons Haribo, fabriqués sans gélatine de porc. D’autres produits peuvent être halal, comme les cubes de bouillon, les boissons qui par leur certificat de conformité halal, ne sont pas entrées en contact avec des denrées illicites ou interdites.

A contrario, certains gels douche, shampoings ou cosmétiques peuvent être décrits comme étant haram ou illicites, car contenant des composants dérivés du porc, comme des pigments.

Hélène Lepers (stg)

 



29/01/2011 Abattage rituel: le Sénat perd sa loi

Caduque ! La «proposition de loi visant à limiter la production de viande provenant d’animaux abattus sans étourdissement aux strictes nécessités prévues par la réglementation européenne» présentée au Sénat par Nicolas About le 15 septembre 2010 ne verra donc pas le jour. Car Nicolas About n’est plus président du groupe Union centriste du Sénat, et n’est d’ailleurs plus sénateur depuis le 23 janvier.

La nomination de Nicolas About au CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), où les «fonctions de conseiller sont incompatibles avec tout mandat électif, tout emploi et toute autre activité professionnelle», a entraîné l’application de la tradition parlementaire et donc la caducité de son texte, dont «l’unique auteur n’est plus en fonction suite à l’interruption de son mandat (pour cause de nomination au gouvernement, de décès, de non-renouvellement de son mandat…).»

Revenons néanmoins sur sa proposition de loi (http://www.senat.fr/leg/ppl09-711.html), car elle ne s’en tenait pas seulement au problème de la souffrance animale, de l’étiquetage et de l’information du consommateur, mais abordait aussi de front le rôle des abattoirs dans la gestion des volumes de viandes rituelles écoulées dans le commerce non communautaire.

La pratique des abattoirs et des négociants, qui consiste à disséminer les surplus de viande halal dans les grandes et moyennes surface et auprès des entreprises de restauration collective et de produits surgelés, joue en effet comme une variable d’ajustement face aux incertitudes de la distribution halal sur le marché intérieur comme à l’exportation. C’est un secteur en forte expansion, plus de 10% par an, mais cette croissance devient elle-même une incitation à surestimer les débouchés. Pour les négociants et grossistes, mieux vaut disposer de trop de halal que de quantités insuffisantes. Et si les organisations confessionnelles craignent des campagnes de boycott en cas d’étiquetage explicite de la nature rituelle de la viande, les professionnels de la filière viande pourrait redouter, quant à eux, les conséquences économiques d’une réaction négative des consommateurs à l’égard de ces surplus halal dont l’ampleur serait soudainement dévoilée.

Dans l’exposé des motifs, l’ex-sénateur rappelait que la «généralisation de l’abattage sans étourdissement préalable», qui relève de motivations essentiellement économiques, «permet aux abattoirs d’accéder à de nouveaux marchés, celui de la viande casher et halal, de plus en plus lucratifs, tout en écoulant les invendus sur le marché classique.»

La proposition de loi prévoyait donc «de responsabiliser aussi bien les abattoirs, en amont de la chaîne de production, que les distributeurs, en aval et en relation directe avec le consommateur final». L’objectif était de rationaliser les circuits halal dans la filière viande et de «limiter la production de viande provenant d’animaux abattus sans étourdissement aux strictes nécessités de consommation à des fins religieuses». Voici les deux articles qui ambitionnaient d’y apporter une réponse :

«Art. L. 654-3-1. – Les dérogations à l’obligation d’étourdir les animaux avant l’abattage ou la mise à mort, accordées pour la pratique de certains rites religieux, sont limitées chaque année aux seuls besoins liés à la consommation découlant du respect de ces pratiques religieuses, par un décret pris en Conseil d’État qui fixe chaque année le quota d’animaux abattus sans étourdissement. Le décret est pris après avis des autorités religieuses compétentes.»

« Art. L. 654-3-2. – Le fait, en dehors des cas prévus aux articles L. 654-3 et R. 214-70, de ne pas étourdir les animaux avant leur abattage ou leur mise à mort, est constitutif d’un acte de cruauté envers les animaux au sens de l’article 521-1 du code pénal et est puni des mêmes peines.»

Cette démarche législative offrait l’intérêt de se pencher sur les origines du succès du halal en France. C’est en effet à la phase «abattage» de la filière viande boucherie/volaille que naît le circuit halal. Jusqu’au milieu des années 1990, ce sont les préfectures qui attribuaient les habilitations de sacrificateur. Les préoccupations politiques (structurer des instances représentatives de l’islam) et les projets communautaristes se sont greffés sur les intérêts économiques des opérateurs de la filière (un marché en pleine expansion) et la manne financière perçue par les trois mosquées agréées par l’État pour contrôler l’abattage rituel.

Constatant le peu de fiabilité du caractère authentiquement halal des produits proposés à la vente, en particulier ceux ayant bénéficié d’une transformation, et les troubles suscités chez les consommateurs musulmans, les instances communautaires entendent reprendre la main face aux opérateurs de la filière et aux distributeurs, ces derniers multipliant leurs propres marques halal. La difficile élaboration d’une charte halal par le CFCM (Conseil français du culte musulman), dont le conseil d’administration a récemment «invité le bureau exécutif du CFCM à finaliser la réflexion sur une disposition restée en suspens afin de recueillir le consensus le plus large sur le sujet» (communiqué du 23 janvier), en est une illustration.

On peut tout à fait considérer que la défunte loi aurait été complexe à appliquer, compte tenu de la difficulté de comptabiliser les besoins réels des communautés concernées et d’estimer la sincérité des chiffres fournis. Mais avec le retrait prudent, à l’Assemblée, de la proposition de loi de Nicolas Dhuicq «information du consommateur quant au mode d’abattage des animaux» (laquelle devrait néanmoins réapparaître, voir notre entretien exclusif du 14 janvier), les réponses peu convaincantes des ministères aux multiples questions des députés sur ce même sujet, la suppression par la Commission européenne de l’amendement 205 du Parlement européen sur l’étiquetage de la viande abattue rituellement, toutes choses dont L’Observatoire du halal s’est fait l’écho ces dernières semaines, le législateur peut constater que le communautarisme lui offre une résistance certaine.

L’Observatoire du Halal

23/01/2011 Assemblée nationale : questions sur le halal sans (vraies) réponses…

Alors que deux propositions de loi relative aux filières de l’abattage rituel, l’une à l’Assemblée nationale par Nicolas Dhuicq et l’autre au Sénat par Nicolas About, ont été déposées en 2010, ce ne sont pas moins de dix-huit questions écrites sur ce sujet qui ont été posées par les députés aux ministères compétents, essentiellement celui de l’Agriculture, durant cette même année. Quelles ont été les réponses de l’exécutif ?

Toutes les questions, consultables sur le site http://www.assemblee-nationale.fr/, s’articulent autour de la souffrance animale et de la non-information du consommateur, et donc de l’absence de liberté de choix. Extraits :
«Le consommateur sensible à la cause animale doit donc pouvoir être informé des conditions dans lesquelles l’animal a été abattu. De même, il est important de laisser à chacun le choix de consommer ou non une viande issue d’un abattage rituel.» (Balkany, Hauts-de-Seine)
«Il ne serait pas acceptable que les consommateurs achètent dans le commerce, ou se voient servir dans les restaurants, des produits halal sans en avoir été préalablement informés.» (Dupont-Aignan, Essonne)
«Certains abattoirs généralisent désormais la saignée des animaux à vif, faisant de “l’exception” prévue par les textes européens pour les cultes juifs et musulmans une règle générale.» (Ginesta, Var)
«Il semble que cette viande sacrificielle se retrouve dans le réseau commercial classique sans étiquetage faisant part de son origine et de sa nature rituelle.» (Giran, Var)
«Limiter la production de viande issue d’animaux abattus sans étourdissement aux stricts besoins de consommation à des fins religieuses et, d’autre part, faire en sorte que les invendus ne se retrouvent pas sur le marché classique sans étiquetage.» (Guibal, Alpes-Maritimes)
«C’est aux autorités publiques de définir la réglementation permettant de réduire les souffrances des animaux dans la pratique de l’abattage rituel.» (Lachaud, Gard)
« (…) des dérogations ont été prévues par les textes susvisés, mais qui dépassent très largement les besoins rituels des populations concernées.» (Lamblin, Meurthe-et-Moselle)
« Les raisons de cette généralisation de l’abattage sans étourdissement préalable sont essentiellement économiques.» (Le Fur, Côtes-d’Armor)
«Bien que l’abattage sans étourdissement préalable ne soit autorisé en France, comme en Europe, qu’à titre dérogatoire, il semblerait que l’exception tende à devenir la règle générale pour des raisons économiques.» (Lenoir, Orne)
«Savoir ce que deviennent les morceaux de l’animal dits “impropres” à la consommation, et s’ils sont réinjectés sur le marché et consommés par le consommateur qui achète dans certains supermarchés de la viande halal non étiquetée comme telle.» (Meunier, Rhône)
«Étendre l’obligation d’insensibilisation [à l'abattage rituel] ne remet nullement en cause la liberté de culte.» (Mignon, Seine-et-Marne)
«Le consommateur qui achète volontairement ou involontairement de la viande halal contribue à financer le culte musulman et cautionne le mode d’exécution extrêmement violent des animaux. En outre, il participe à renforcer le caractère discriminatoire des embauches puisque les abattoirs font de la religion un critère déterminant dans le choix de leurs collaborateurs.» (Nicolin, Loire)
«Certains abattoirs généralisent la saignée à vif prévue par les cultes juifs et musulmans à titre d’exception, sans étourdissement préalable.» (Perrut, Rhône)
«Les autorités musulmanes assurent que rien dans les textes sacrés ne s’oppose à la pratique de l’étourdissement préalable si ce dernier ne porte pas atteinte au caractère vital de l’animal.» (Salles, Alpes-Maritimes)
« Si cela était le cas [présence de viande halal sans mention spécifique dans les supermarchés], une meilleure traçabilité des produits serait indispensable.» (Taugourdeau, Maine-et-Loire)
« (…) souhaiterait savoir ce que deviennent les morceaux de l’animal dits “impropres” à la consommation.» (Terrot, Rhône, sur l’information des consommateurs)
« (…) demande de mettre un terme à l’égorgement cruel qui a lieu dans certains abattoirs.» (Terrot, Rhône, sur la réglementation)
«Nous savons que toutes les parties de l’animal ne sont pas consommées du fait qu’elles sont dites impropres à la consommation par les personnes pratiquant ces rites religieux.» (Verchère, Rhône)

Les textes de réponse fournis par l’exécutif, qui reproduisent de vulgaires copier-coller esquivant, sur le fond – oui ou non les Français consomment-ils halal ou casher sans le savoir? –, les vraies explications, renvoient sobrement aux dispositions en vigueur : code rural et de la pêche maritime relatives à la protection animale à l’abattoir (articles R. 214-63 à R. 214-81), arrêté du 12 décembre 1997 relatif aux procédés d’immobilisation, d’étourdissement et de mise à mort des animaux et aux conditions de protection animale dans les abattoirs, qui reprennent ou transposent l’ensemble des obligations communautaires ; directive communautaire 93/113/CE relative aux conditions de protection animale lors de la mise à mort et de l’abattage des animaux et règlement 1099/2009 (applicable en 2013), sur les dérogations accordées dans le cas de l’abattage rituel afin de respecter le libre exercice du culte. Articles R. 112-1 et suivants sur les modes de présentations et les inscriptions qui doivent figurer sur les denrées vendues préemballées, transposant en droit français les dispositions de la directive n° 2000/l3/CE relative au rapprochement des législations des États membres concernant l’étiquetage et la présentation des denrées alimentaires.
Il est précisé que «l’abattage rituel sans étourdissement est donc licite et correspond au libre exercice du culte, principe inscrit dans la Constitution, et la proposition de généralisation de l’étourdissement n’est pas envisagée.»
Enfin, «aucune obligation n’est actuellement prévue pour l’étiquetage des produits à base de viande dans la réglementation européenne concernant les modalités d’abattage précises des animaux, et la France ne peut pas développer une règlementation propre en matière d’étiquetage des denrées alimentaires. Les opérateurs gardent évidemment toute faculté d’inscrire de manière volontaire des mentions supplémentaires sur l’étiquetage de leurs produits. Une réflexion est toutefois en cours au niveau européen en matière d’information du consommateur à laquelle la France participe activement.»

Notre perte de souveraineté nationale serait telle que nous aurions perdu la capacité juridique de répondre aux légitimes questions du consommateur français sur le contenu de son assiette ou de son sandwich?
Quant à la réflexion en cours au niveau européen, elles est singulièrement vidée de sa substance, sur ce sujet, par le retrait en décembre dernier de l’amendement 205 (voir ici même, le 18/01/2011 : «Étiquetage halal : Bruxelles fait marche arrière…»).
Enfin, la répercussion de l’information est laissée à l’appréciation «des opérateurs», ce qui signifie les laisser orchestrer la publicité halal lorsqu’ils escomptent en tirer un profit auprès de la communauté musulmane, comme l’a fait une certaine chaîne de restauration rapide, puis dissimuler la vérité pour écouler discrètement les surplus auprès de la population non musulmane.

Et au Sénat ?
Une question écrite a été publiée dans le JO du Sénat le 17 juin 2010. Outre le socle d’argumentation proche de ses collègues de l’Assemblée nationale, Alain Dufaut, sénateur du Vaucluse, remarque que, si nous ne souhaitons pas consommer à notre insu une viande autre que celle issue de la filière d’abattage normale, «le consommateur musulman peut, lui, exiger du professionnel de voir le certificat d’abattage halal». C’est l’égalité républicaine qui est mise en cause par ce privilège accordé aux musulmans.
La réponse obtenue est à nouveau l’un de ces copier-coller qui ont été servis aux députés en guise d’explications.

Quand le ministère justifie le halal pour tous

Cette langue de bois procédurière trouve peut-être son explication après qu’en 2009 le ministère a imprudemment justifié l’écoulement de viande abattue rituellement dans le circuit commercial ordinaire.
Christian Vanneste (Nord), interpellait le ministère de l’Agriculture et, au-delà, le gouvernement à propos de l’enquête du Figaro publiée le 21 septembre 2009, «De la Viande halal vendue comme non-halal», et sur la «part significative de bêtes abattues selon un rituel religieux [qui] entre dans le circuit classique de commercialisation, sans mention particulière».
Réponse : «Que cela soit au niveau européen ou au niveau français, il n’est pas interdit que des professionnels mettent sur le marché des viandes obtenues à partir d’animaux abattus sans étourdissement, selon un rituel religieux reconnu et réalisé conformément aux dispositions réglementaires et ce sans faire mention du mode d’abattage de ces animaux. En effet, certaines parties de la carcasse de ces animaux, voire la totalité de la carcasse, peuvent être mises dans le circuit traditionnel pour des raisons religieuses ou commerciales lorsque l’offre de certains morceaux de viande halal ou casher est supérieure à la demande. Enfin, ces viandes possèdent les mêmes qualités organoleptiques et sanitaires que toute autre viande issue d’un abattage traditionnel.»
Le consommateur ne sera donc pas informé sur ce qu’il mange, puisque les qualités gustatives de la viande halal, écoulée clandestinement dans le commerce non communautaire, ne sauraient le léser!

Rappelons l’une des deux grandes règles qui, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, doivent être respectées pour l’étiquetage des denrées alimentaires :
«L’étiquetage doit être loyal et ne doit pas induire le consommateur en erreur (composition du produit, origine…).»
Déloyale par omission, il est temps que la réglementation se mette en conformité avec ses propres recommandations…

L’Observatoire du Halal

11/01/2011 Vidéo – Le Halal en France

26/12/2010 Du halal au cinéma ?

L’Observatoire du Halal – Non, nous ne trouvons pas encore de produits halal en vente à l’entrée des salles de cinéma. Il s’agit en fait du titre d’un film qui sera prochainement à l’affiche dans les salles obscures: “Halal police d’état”. Le cinéma aussi surfe sur la vague du halal.

Le synopsis: “Paris 2011, un serial killer sévit dans les épiceries de Barbès. Parmi les victimes, la femme d’un diplomate Algérien. C’est assez pour que la Police Algérienne entre en jeu et mette à disposition de la Police Nationale Française le plus grand duo de flics d’Afrique du Nord… l’inspecteur Nerh-Nerh et Le Kabyle, deux blédards aux méthodes pas très … académiques.”

22/11/2010 Produits halal cherchent investisseurs

Cinq millions de musulmans à nourrir. Cela ne représente pas moins de 5,5 milliards d’euros. Une opportunité de choix pour un contexte de crise générale. Et c’est le marché qui s’offre, dans l’Hexagone, aux nouveaux investisseurs intéressés par la consommation des produits halal.

Un produit dont la demande ne fait qu’accroitre en France où vivent un peu plus de cinq millions de musulmans. Une récente enquête menée par le cabinet de conseil Insights Symphony IRI Group, et rendue public, l’affirme. La même étude fait paraitre une hausse de 23 % concernant le chiffre d’affaires des produits halal vendus en magasins. Les ventes ont atteint les douze mois derniers quelque 140 millions d’euros pour un marché estimé à 5,5 milliards d’euros. Les charcuteries halal ainsi que des petites surfaces et boucheries halal, à l’instar de celles des frères Slimani à Marseille et Lyon, poussent comme des champignons face à une demande de plus en plus accrue. Les grandes surfaces ne sont pas restées en rade, elles non plus, et réservent des rayons à ce genre de produits très prisés, notamment les viandes et autres produits traditionnels.

Les fêtes religieuses, les mariages musulmans et autres occasions tels que le mois sacré du Ramadhan forment les pics des ventes où la demande est de plus en plus forte.

Selon les statistiques de cette étude, l’affluence sur ces produits se fait surtout durant la période du Ramadhan où “les ventes hebdomadaires de produits halal augmentent de 60% par rapport aux autres semaines de l’année. Les ventes sont nettement plus élevées sur les deux premières semaines du mois du jeûne”. La région parisienne représente 32% de la consommation de produits halal pour un peu moins de 36% de la population étrangère, originaire de Turquie, l’Algérie, du Maroc ou de Tunisie. Un marché juteux où les produits halal pèsent 6 milliards d’euros mais ne trouvent toujours pas preneur auprès des industriels algériens. Manque d’audace ou frilosité, ces derniers ne semblent guère attirés par ce secteur qui a connu une progression de 10 % par an, note une autre étude effectuée par le cabinet de conseil Solis, spécialisé dans le marketing ethnique qui fait remarquer que “ce marché aurait quasiment doublé en cinq ans”. Un marché fructueux qui aiguise les appétits des uns et des autre, laissant émettre quelques doutes sur la probité du label halal, dont la mission est pourtant dévolue au Conseil français du culte musulman (CFCM) à sa création en 2003. Les seules parties habilitées à reconnaitre les produits halal sont les mosquées de Paris, Lyon et Evry et délivrent des cartes de sacrificateurs.

Les contrôles de conformité sont laissés à une multitude d’organismes dans les abattoirs. Un rôle que compte se réapproprier le CFCM qui annonce la création d’une charte halal. Un produit qui a été initié il y a plus de 10 ans mais délaissé jusqu’à présent. Il faut dire que ce marché représente quelque 4,5 milliards d’euros dépensés en 2010 par les ménages pour leurs achats de produits alimentaires halal. L’étude montre que la viande et la charcuterie sont les principales catégories achetées, loin devant les plats cuisinés, les bouillons cubes, les soupes et les bonbons.

La consommation par les ménages des produits halal varie  entre les viandes, dont la vente est estimée à 99,3%, contre la charcuterie à 70,0%, les plats cuisinés à 22,9%, les bouillons cube à 16,1% et les soupes à 12,7%. Les bombons et autres sauces à base de tomate atteignent les 10,9% et 9,4% contre 3,0 % pour les petits pots bébé. En l’absence d’industriels musulmans ou d’outsider de ce créneau, le marché reste vierge si ce n’est les quelques enseignes comme Dounia, Isla Délice, Isla Mondial, Médina, Saâda, Jumbo, Zakia. Un “monopole” jusque-là réservé et du domaine des grandes marques nationales telles que Duc, Fleury Michon, Herta, Knorr, Labeyrie, Liebig, ou encore Maggi. Un marché qui ne trouve pas preneur en dépit de ses offres qui peuvent dépasser le milliard d’euros durant l’année 2010 et destiné à la restauration rapide type fast-food, sandwicherie et kebab, avec un taux de fréquentation de 71%.

Azzedine Belferag

16/11/2010 Le halal, un principe religieux mais un label nébuleux

L’Observatoire du Halal – Article publié le 15/11/2010 sur le site internet du Nouvel Observateur.

Il n’existe pas en France de label halal, reconnu par l’ensemble de la communauté musulmane, estimée à environ 5 millions de personnes, soit la plus importante d’Europe.

L’alimentation halal - conforme à la religion musulmane – souffre de l’absence d’une norme unique en France et de la multiplication des organismes de certification.
Halal signifie “licite” au regard de l’islam : sont interdits la viande de porc, y compris la gélatine qui sert par exemple à fabriquer des bonbons, et la viande provenant d’un animal qui n’est pas égorgé vivant.
Mais, contrairement aux produits cashers, garantis par le Consistoire central des juifs de France, il n’existe pas dans l’Hexagone de label halal, reconnu par l’ensemble de la communauté musulmane, estimée à environ 5 millions de personnes, soit la plus importante d’Europe.
C’était pourtant une des missions confiées au Conseil français du culte musulmanlors de sa création en 2003. En vain. “La seule sur laquelle ils se sont mis d’accord c’est sur l’orthographe du mot halal, avec un seul “l”", ironisait il y a quelques mois Antoine Bonnel, fondateur du salon du halal. Depuis, “le problème reste entier”, selon lui.
Dans les faits, trois mosquées – Paris, Lyon, Evry – sont habilitées à délivrer des cartes de sacrificateurs, mais ce sont ensuite une multitude d’organismes, qui effectuent des contrôles, notamment dans les abattoirs, avec des méthodes et des définitions du halal différentes.

Consommateur abusé

Ainsi le foie gras certifié halal par certaines structures est refusé par d’autres qui combattent le gavage comme une forme de maltraitance animale. Certaines entreprises sont quant à elles “autocertifiées”, ou emploient elles-mêmes les contrôleurs, dénoncent plusieurs associations.
“Chacun fait du halal à sa sauce et, comme il n’y a pas de cadre juridique, beaucoup continuent à trafiquer. Le consommateur est abusé au quotidien”, dénonçait Najib Khaled, directeur commercial des viandes Gourault à Blois.
Or les enjeux financiers, y compris de la certification, sont d’importance: le marché du halal est estimé à 5,5 milliards d’euros en France cette année, selon une étude du cabinet Solis.
Le coût de la certification est parfois très élevé, “jusqu’à 45 centimes d’euro le kilo pour AVS”, l’organisme “A votre service”, selon Antoine Bonnel, qui s’interroge sur le manque de transparence des fonds ainsi récoltés.

(Nouvelobs.com avec AFP)

27/09/2010 – Vidéo: “Halal, les dessous d’un business”

L’Observatoire du Halal – Le 11 Octobre prochain, le magazine d’information de Canal+ “Spécial Investigation” proposera un reportage consacré à l’univers du halal. Au début du ramadan, c’est la chaîne France24 qui diffusait un reportage sur ce thème.


“Halal”, les dessous d’un business
envoyé par france24. – L’info internationale vidéo.