L'Observatoire du Halal

29/09/2010 – Nestlé veut croquer le marché du halal en France

L’Observatoire du Halal – Ancrer la marque dans l’esprit des consommateurs musulmans, voilà comment nous pourrions résumer l’objectif de Nestlé. Pendant le mois du ramadan, sur le port de Marseille, le géant suisse distribuait des échantillons de chorba, de harira ainsi que des bouillons aux légumes et à la viande. Impact garantie.

Le sujet est sensible. C’est pour cela que dès 2006, la marque s’est doté d’un “département ethnique”. «Après une étude qui nous a confirmé le potentiel du marché, nous avons décidé de développer des gammes spécifiques sous les marques Maggi et Herta afin de profiter de leur notoriété», explique Bruno el-Kasri, le directeur de ce pôle. A l’inverse d’autres industriels qui se cachent derrière des marques écrans, Nestlé a joué la transparence.

«Nous comptons déjà une quarantaine de références, qui enregistrent des taux de croissance bien supérieurs à la moyenne du marché», se félicite Bruno el-Kasri.

La communication du groupe est encore légère: quelques apparitions dans des magazines comme «Gazelle» qui s’adresse aux musulmanes ou «Amina», dédié aux Africaines. «Il est trop tôt pour faire des campagnes grand public», affirme-t-on chez l’industriel. La marque Zakia Halal s’était pourtant bien offert des spots sur TF1 et M6 pour le ramadan de 2009. «Nestlé veut bien l’argent du beur, pas forcément son image», selon un expert du secteur.

Fleury Michon, Pierre Martinet et d’autres sont arrivés sur le marché alors aucun doute que Nestlé a préparé l’artillerie lourde. Selon les spécialistes, le numéro un français Isla Délice serait à vendre. Alors ? Nestlé ira, ou ira pas ?

23/09/2010 – Marseille, bientôt premier port mondial pour la distribution du halal ?

(AFP) MARSEILLE — Le port de Marseille-Fos et Port Klang (Malaisie) ont signé mercredi un accord marquant le lancement d’un réseau mondial de plateformes de distribution de produits halal, avec mise en place effective à l’horizon 2014-2015(.

Les deux ports ne seront pas directement opérateurs mais souhaitent ouvrir leur site à des sociétés de logistique respectant les contraintes spécifiques à ce marché, selon des normes et besoins pré-définis.

“Aujourd’hui le transport halal n’est pas vraiment organisé et contrôlé, il n’y a pas de qualité logistique permettant de sécuriser la chaîne de transports” et l’intégrité des produits, a expliqué Dirk Becquart, directeur du développement du Grand port maritime de Marseille (GPMM).

“Nous travaillons avec les producteurs, les importateurs, les logisticiens, à mettre en place cette logistique.”

“Si ça peut réussir quelque part en Europe, ce sera à Marseille”, a ajouté M. Becquart, évoquant le caractère multiculturel de la ville, et aussi le marché que représentent les quelque 220 millions de musulmans autour d’elle, du Maghreb à l’Europe du Nord.

“C’est un marché qui se développe en Europe”, a-t-il souligné, la filière halal représentant un marché estimé à plus de 5 mds d’euros en France en 2010.

“Nous devons promouvoir ce +Halal Hub to Hub Network+, c’est une belle occasion, avec la position de Marseille, et la position stratégique de Port Klang”, a dit Kee Lian Yong, le directeur général de Port Klang, précisant que le port malaisien serait plus un port d’approvisionnement et la cité française un port de distribution.

A Marseille, plusieurs sociétés de logistique ont manifesté leur intérêt, comme SDV (groupe Bolloré) ou SeaFrigo.